Si Cahuzac est « coupable », il est coupable mais pas de ce qu’on dit

Posted on 20 mars 2013 par

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Admettons pour le raisonnement que Jérôme Cahuzac avait un compte bancaire en Suisse à l’époque où il luttait contre les tonsures de ses compatriotes (il était chirurgien esthétique spécialisé dans des voyages très onéreux : le voyage de quelques centimètres des cheveux d’un endroit du crâne à un autre endroit du crâne, aussi appelé implants capillaires). Connaissez-vous un chirurgien esthétique qui n’a pas quelques difficultés avec l’emploi des sommes qu’il perçoit en liquide ? Donc avoir un compte en Suisse dans ces conditions, rien de vraiment impardonnable, d’autant plus que si fraude fiscale il y eut, le délit est prescrit depuis longtemps. — je n’ai pas trouvé la date de son changement de discipline, son passage de la tonsure de ses clients à la tonte des contribuables —

Donc si Cahuzac est « coupable » d’avoir détenu un compte bancaire suisse suite à son activité professionnelle (et non politique, enfin il faut espérer, sinon…), son erreur est de ne pas avoir immédiatement dégonflé l’affaire en acceptant de s’expliquer. Et là, cette erreur deviendra alors impardonnable pour le public de gauche (le public de droite est en effet plus tolérant, cf. Balkany et bien d’autres).

C’est fou comment les hommes politiques de pouvoir pensent toujours avoir une possibilité de sortir sans dommage de tels engrenages simplement en niant des faits faciles à prouver.

Cahuzac sera donc « coupable » d’abord et avant tout, et même seulement, d’avoir nié et d’avoir menti bêtement.

Bien sûr, si Jérôme Cahuzac n’a effectivement jamais eu de compte bancaire en Suisse, ce raisonnement s’écroule. Nous verrons bien.

 
Ajout 21/03/2013, reprise du commentaire de Le Moulonnais :

« Je reste très perplexe.
2 cas possibles :
1 – Toute cette affaire tourne en eau de boudin et alors ceux qui aurait monté ce traquenard devront être punis
2 – Cette affaire est vraie et prouvée. Jérôme Cahuzac devra subir les conséquences de ses actes

Mais dans le 2ème cas, on voit 2 hommes en opposition politique se parler au téléphone, terminer leur conversation et raccrocher.
Et là, miracle n° 1 ! Les 2 téléphones entrent en dysfonctionnement simultanément, restant en communication et le système d’enregistrement se déclenchant.
Puis miracle n° 2 ! Cahuzac décrirait à un interlocuteur l’existence d’un compte en Suisse, ce qui (avec l’aide du miracle n° 1) permet à son adversaire politique de disposer d’un enregistrement.

Que fait cet opposant politique ? Il dénonce les fraudes dont il a connaissance ? Non. Il récupère l’enregistrement pour le remettre à X, qui le remet à Y, qui le remet à Z qui le remet à Edwy Plenel.
Et par ce petit jeux ou on se passe le furet de main en main la cassette aura a mis une douzaine d’année pour arriver chez Mediapart.
C’est à dire que cette cassette enregistrée, bien étiquetée et conservée par des personnages "honnêtes" attendait le bon moment pour sortir du placard, quand Cahuzac (dont on imaginait l’ascension politique) est devenu ministre.
Et bien sur s’ajoute pour pimenter le dossier une épouse cherchant à tirer un max d’un mauvais divorce. »

 
 
 

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