Sourd au discours de Onfray

Posted on 30 novembre 2015 par

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Où l’on voit l’amalgame entre explication et justification.

On dit que Michel Onfray justifie les actes terroristes de Daesh, et on refuse en conséquence d’entendre l’explication du même Onfray, comme ici :

« si cette analyse n’est pas une manière de dédouaner les terroristes, chose évidente pour tout lecteur. »

Alors à partir de ce postulat « chose évidente pour tout lecteur », facile ensuite de fustiger l’analyse selon laquelle

« l’Occident a attaqué l’islam, l’islam se défend en venant tuer au cœur de Paris. Au fond, c’est tout simple. »

alors que si on modifie légèrement la formulation, cela donne :

l’Occident a attaqué une branche de l’islam, cette branche de l’islam se défend en venant tuer au cœur de Paris. Au fond, c’est tout simple.

et qui pourrait ne pas être d’accord avec cette formulation ?

La guerre de Daesh est d’abord une guerre de musulmans contre des musulmans, cela est chose évidente rappelée suffisamment sur ce blog(*). Mais cela ne nous a pas abstrait de toute participation à cette guerre de religion, et donc l’analyse du pourquoi nous y sommes aussi engagés ne peut être simplifiée à : ils nous attaquent et nous nous défendons.

Nous sommes en guerre dit-on. Mais pour gagner une guerre, il ne faut pas rester sourd et aveugle aux arguments de l’ennemi, sinon nous augmentons fortement et dangereusement notre vulnérabilité dans la guerre.

D’abord nommer l’ennemi, DAESH d’accord, mais pourquoi refuser de nommer l’ennemi intérieur, la 5ème colonne ? Nous en somme encore au "pas d’amalgame" qui nous rend sourd et aveugle à la menace intérieure. Il est vrai qu’il est difficile de séparer le bon grain de l’ivraie, mais c’est une nécessité et une urgence absolues, et tant pis pour la discrimination que va nécessairement introduire les contrôles et les mesures prises au faciès (exemple des employés interdits de travail à Roissy).

Ensuite quand on mène la guerre à l’étranger contre un ennemi multiforme et intelligent, on ne peut être surpris que cet ennemi nous livre bataille aussi sur notre propre sol. Ne faut-il pas plutôt être surpris d’être surpris que l’ennemi à qui on fait la guerre nous attaque sur notre territoire ? c’est de la pire inconscience.

Or c’est bien ce qu’explique Onfray et qu’on se refuse d’entendre : la guerre a lieu sur notre sol parce que nous avons attaqué l’ennemi sur leur sol. Peut-être avions-nous de bonnes raisons pour attaquer là-bas, sans doute que si nous n’y étions pas, nous n’aurions pas été préservés pour autant de tout terrorisme sur notre sol, mais qui peut soutenir que la guerre que nous menons là-bas n’amplifie pas de façon considérable le risque d’être atteint ici ?

Et la guerre va être longue, et les conséquences vont être énormes tant au niveau de nos morts que de nos libertés.

Il faut le savoir, et ce n’est pas en crucifiant Onfray qu’on va faire avancer les choses.

Reprenons l’exposé de Laurent Joffrin dans Libération, "Non, Michel Onfray, le monde musulman n’est pas Daech" :

« Du coup, il reprend de manière naïve et, au fond, dangereusement masochiste, le discours des intégristes, qui ne cessent de présenter leurs crimes comme une réponse à l’agression occidentale. »

Le problème n’est pas qu’Onfray reprenne ce discours, mais que ce discours soit repris par de plus en plus de musulmans dans le monde entier. Alors on peut toujours tirer sur Onfray et combattre l’amalgame parce que « le monde musulman est en partie démocratique : voir l’Indonésie, premier pays musulman du monde, ou bien la Tunisie », la diffusion de l’Islam intégriste n’en est pas le moins du monde freinée. Et en Algérie, ce n’est pas la démocratie qui l’a vaincu.

J’ajouterai ceci : admettons que Daesh soit vaincu et qu’on remette dans le droit chemin les financiers du Qatar et d’Arabie Saoudite, croire que le problème sera alors réglé, c’est de la pure utopie. Ce sont les bisounours qui disaient en 1918 : c’est la der des ders.

 
 
(*) il s’agit du blog "Album souvenir" sur le site de L’Obs.
"Confirmation, c’est un problème musulman que les musulmans doivent régler entre musulmans"
"Migrants au faciès"
"Le résistant de la 25ème heure qui se dit defmulant"
"Pas d’amalgame, les chevaliers de l’État Islamique, ce n’est pas l’Islam"
"Ce n’est pas l’Islam… oui mais quand même"

 
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Sur le site des blogs du Nouvel Observateur

article « retiré de la publication en raison de sa non-conformité vis-à-vis de la charte d’utilisation du NouvelObservateur. »
motif de retrait : "Propos potentiellement non conformes à la loi"

commentaire :
— Le nétiniste au cerveau vérolé a repris son poste de combat ce matin à 9 heures. À 9 heures 01 il tirait une bastos sur le présent article en ligne depuis la veille 21 heures 49, une bastos de sa caisse de munition marquée : "Propos potentiellement non conformes à la loi". L’idiot utile, le lobbyiste des croyants et collabo de la censure vous expliquera sans doute qu’il ne faut pas enfreindre la loi de Dieu, et que cet article a donc été sanctionné et sectionné pour cette raison. Mais l’article résiste, et réapparaît. —

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